La maladie d’Alzheimer représente aujourd’hui l’un des défis sanitaires majeurs auxquels vous pourriez être confronté, avec près de 900 000 personnes touchées en France. Cette pathologie neurodégénérative progressive modifie radicalement votre quotidien et celui de vos proches, nécessitant une organisation méticale et financière rigoureuse. Si l’Assurance Maladie reconnaît cette affection comme ALD exonérante, permettant une prise en charge à 100% des soins liés au protocole, de nombreux frais restent à votre charge. Entre les dépassements d’honoraires, les services d’accompagnement spécialisés, l’adaptation du logement et les structures d’accueil adaptées, le reste à charge peut rapidement atteindre plusieurs milliers d’euros mensuels. Comprendre précisément vos besoins en matière de couverture devient alors essentiel pour anticiper cette trajectoire complexe et sécuriser votre parcours de soins.

Évolution cognitive et dépendance : impact sur les garanties d’assurance santé

L’évolution de la maladie d’Alzheimer suit généralement une progression insidieuse qui transforme graduellement votre autonomie et vos capacités cognitives. Cette dégradation progressive a un impact direct sur vos besoins en matière de couverture santé, car chaque stade requiert des interventions spécifiques, des professionnels formés et des dispositifs adaptés. Anticiper ces besoins vous permet de sélectionner une protection optimale avant que la maladie ne complique les démarches administratives.

Stades de démence selon le mini mental state examination (MMSE)

Le Mini Mental State Examination évalue vos fonctions cognitives sur une échelle de 30 points et permet d’objectiver le degré d’atteinte. Un score entre 21 et 26 traduit une démence légère où vous conservez encore une relative autonomie pour les gestes quotidiens, mais où apparaissent des difficultés d’orientation temporelle et des troubles mnésiques. Entre 11 et 20 points, la démence modérée nécessite une surveillance accrue et une assistance partielle pour les activités instrumentales. En dessous de 10, la démence sévère impose une aide permanente pour tous les actes essentiels de la vie.

Cette classification influence directement le type de garanties dont vous aurez besoin. Au stade léger, vous bénéficierez surtout des remboursements pour consultations spécialisées et bilans neuropsychologiques. Au stade modéré, les forfaits d’aide à domicile deviennent cruciaux. Au stade avancé, c’est la couverture des frais d’hébergement en structure spécialisée qui devient prioritaire, avec des montants pouvant dépasser 3000 euros mensuels selon les établissements.

Perte d’autonomie progressive et échelle AGGIR (GIR 1 à 6)

L’échelle AGGIR, utilisée pour déterminer votre éligibilité à l’Allocation Personnalisée d’Autonomie, classe votre niveau de dépendance en six groupes iso-ressources. Les GIR 5 et 6 correspondent à une autonomie préservée ne nécessitant qu’une aide ponctuelle. Le GIR 4 marque le début d’une dépendance significative avec besoin d’assistance pour la toilette et l’habillage. Les GIR 2 et 3 traduisent une dépendance importante avec nécessité d’interventions quotidiennes multiples. Le GIR 1 caractérise les personnes confinées au lit ou au fauteuil, avec alt

aitération majeure des fonctions mentales et un besoin d’accompagnement continu, de jour comme de nuit.

Plus votre GIR est bas, plus les coûts liés à la dépendance augmentent : présence renforcée d’aides à domicile, aménagement du logement, voire entrée en EHPAD. Sur le plan de la couverture, cela signifie que les garanties d’aide à domicile, de prise en charge de la dépendance et de forfaits en établissement doivent être particulièrement surveillées. Une assurance dépendance qui module la rente ou le capital versé en fonction du niveau de GIR permet par exemple d’absorber une partie de ces dépenses récurrentes. Anticiper une éventuelle bascule vers un GIR 1 ou 2 vous aide à éviter un reste à charge insoutenable pour vous et vos proches.

Troubles du comportement et syndrome de désinhibition

Au-delà du déclin de la mémoire, la maladie d’Alzheimer s’accompagne fréquemment de troubles du comportement : agitation, déambulation, agressivité verbale ou physique, inversion du rythme jour-nuit. Le syndrome de désinhibition peut entraîner des propos inadaptés, des comportements sexuels inappropriés ou des conduites dangereuses (fugues, mise en route d’appareils électroménagers la nuit, etc.). Ces manifestations sont particulièrement coûteuses en termes d’accompagnement, car elles exigent une présence humaine renforcée et des environnements sécurisés.

Sur le plan de la couverture santé, ces troubles du comportement justifient souvent le recours à des structures spécialisées (unités cognitivo-comportementales, UHR) et à des séances de psychologue ou de psychomotricien. Or, ces prises en charge ne sont pas toujours intégralement remboursées par l’Assurance Maladie, même dans le cadre de l’ALD 15. Disposer d’une mutuelle qui renforce les remboursements en psychiatrie, psychologie et soins de support devient alors un véritable levier pour maintenir une qualité de prise en charge sans multiplier les renoncements pour raisons financières. Vous pouvez également privilégier les contrats proposant des forfaits annuels pour thérapies non médicamenteuses (musicothérapie, ateliers de stimulation cognitive, etc.).

Anosognosie et incapacité de gestion administrative

L’anosognosie désigne le fait de ne pas avoir conscience de ses troubles. Dans la maladie d’Alzheimer, elle est fréquente et s’accentue à mesure que la démence progresse. Concrètement, vous pouvez refuser les soins, nier tout problème de mémoire ou estimer ne pas avoir besoin d’aide, ce qui complique énormément la mise en place des dispositifs de prise en charge. Sur le plan administratif, cette absence de conscience des troubles conduit souvent à un défaut de suivi des dossiers : cotisations non payées, formulaires de renouvellement non renvoyés, rendez-vous médicaux oubliés.

Pour éviter les ruptures de couverture et les impayés, il est essentiel d’anticiper la perte de capacité de gestion. Cela peut passer par la désignation d’une personne de confiance, la mise en place d’une procuration sur le compte bancaire ou, dans certains cas, d’une mesure de protection juridique (sauvegarde de justice, curatelle, tutelle). Les organismes complémentaires proposent parfois des services d’accompagnement administratif pour vous et vos aidants : assistance téléphonique dédiée, aide à la constitution des dossiers d’APA ou de PCH, alertes en cas d’impayé. En intégrant ces dimensions dès le choix de votre mutuelle santé ou de votre assurance dépendance, vous limitez le risque de vous retrouver sans couverture au moment où vous en avez le plus besoin.

Prise en charge médicale spécialisée : remboursements et dépassements d’honoraires

La maladie d’Alzheimer implique un suivi médical spécialisé au long cours, associant neurologues, gériatres, psychiatres, orthophonistes et neuropsychologues. Si l’ALD permet une prise en charge à 100 % sur la base des tarifs de la Sécurité sociale, de nombreux actes restent soit partiellement remboursés, soit totalement hors nomenclature. La qualité de votre couverture santé va alors conditionner votre accès à des centres experts, à des bilans approfondis et à des thérapeutiques innovantes sans que les coûts ne deviennent prohibitifs.

Consultations neurologiques et bilans neuropsychologiques non remboursés

Les consultations de neurologie et de gériatrie sont au cœur du diagnostic et du suivi de la maladie d’Alzheimer. En secteur 1, elles sont remboursées sur la base du tarif conventionné, avec exonération du ticket modérateur dans le cadre de l’ALD. Mais de nombreux spécialistes exercent en secteur 2 avec dépassements d’honoraires, notamment dans les grandes villes ou dans les centres de référence. Sans mutuelle adaptée, ces dépassements peuvent représenter plusieurs dizaines d’euros par consultation, voire plus en milieu privé.

Les bilans neuropsychologiques, réalisés par des psychologues spécialisés, occupent une place particulière. Une partie des tests peut être intégrée au parcours hospitalier et donc prise en charge, mais de nombreux actes en libéral restent aujourd’hui hors nomenclature. Cela signifie qu’ils ne sont pas remboursés par l’Assurance Maladie, même en ALD, et n’ouvrent droit à un remboursement que si votre complémentaire santé prévoit un forfait psychologie ou psychologue. Lorsque vous comparez les offres, vérifiez la présence d’un plafond annuel dédié à ces séances, idéalement renouvelable chaque année pour accompagner l’évolution de la maladie.

Imagerie cérébrale : IRM morphologique et TEP-scan à l’amyloïde

L’imagerie cérébrale joue un rôle clé dans le diagnostic étiologique des troubles cognitifs. L’IRM morphologique permet d’évaluer l’atrophie cérébrale, notamment au niveau de l’hippocampe, et de rechercher d’autres causes possibles (lésions vasculaires, tumeurs, etc.). Cet examen, lorsqu’il est prescrit dans le cadre du protocole ALD, est en principe pris en charge à 100 % sur la base du tarif conventionné. Cependant, là encore, les dépassements d’honoraires en clinique privée ou dans certains cabinets de radiologie peuvent générer un reste à charge important sans mutuelle renforçant la couverture sur l’imagerie médicale.

Le TEP-scan à l’amyloïde ou au FDG (fluorodésoxyglucose) est un examen plus spécifique, utilisé dans des situations de diagnostic complexe ou précoce. Ces examens sont coûteux et leur prise en charge est plus encadrée, avec des indications restreintes. Certaines séquences d’imagerie de pointe, réalisées dans des protocoles de recherche ou hors des indications remboursables, peuvent ne pas être prises en charge par la Sécurité sociale. Une couverture santé haut de gamme peut prévoir des forfaits spécifiques pour ces actes d’imagerie avancée ou, au minimum, majorer les remboursements sur la radiologie lourde. Cela vous laisse la possibilité de recourir à ces examens lorsque votre neurologue les juge utiles, sans être freiné uniquement par des considérations financières.

Traitements médicamenteux : donépézil, mémantine et déremboursement 2018

Jusqu’en 2018, quatre médicaments étaient classiquement prescrits dans la maladie d’Alzheimer : le donépézil, la rivastigmine, la galantamine (inhibiteurs de la cholinestérase) et la mémantine. Leur objectif : ralentir le déclin cognitif et maintenir l’autonomie le plus longtemps possible. À la suite d’avis de la Haute Autorité de santé jugeant leur service médical rendu insuffisant, ces traitements ont été déremboursés par l’Assurance Maladie à l’été 2018. Concrètement, cela signifie qu’ils ne sont plus pris en charge dans le cadre de l’ALD 15, même lorsqu’ils sont prescrits par un spécialiste.

Pour vous, l’enjeu est double. D’une part, vous devez décider, avec votre médecin, si le bénéfice attendu justifie la poursuite de ces traitements à vos frais. D’autre part, la prise en charge éventuelle de ces médicaments dépend désormais de votre mutuelle santé. Certains contrats seniors incluent un forfait médicaments non remboursés ou une enveloppe dédiée aux traitements liés aux maladies neurodégénératives. Si vous ou votre proche êtes concernés par Alzheimer, il est pertinent de vérifier ce point en détail, car le coût mensuel cumulé de ces spécialités peut devenir significatif sur plusieurs années.

Suivi en hôpital de jour gériatrique et équipes spécialisées alzheimer (ESA)

Le suivi en hôpital de jour gériatrique permet de réaliser, en une ou plusieurs journées, des évaluations complètes : bilans cognitifs, rééducation fonctionnelle, ajustement thérapeutique, conseils aux aidants. Ces prises en charge sont généralement remboursées dans le cadre de l’ALD, mais peuvent générer des frais annexes (transport sanitaire, restauration, éventuels dépassements en clinique privée). Une mutuelle qui prend en charge correctement les transports médicaux prescrits et le forfait hospitalier en ambulatoire peut limiter ces surcoûts.

Les équipes spécialisées Alzheimer (ESA) interviennent principalement au domicile, sur prescription médicale, pour proposer des séances de réhabilitation et d’accompagnement. Financées par l’Assurance Maladie, leurs interventions ne génèrent pas de reste à charge direct, ce qui en fait un dispositif précieux pour maintenir l’autonomie. En revanche, les séances complémentaires en libéral (ergothérapie, psychomotricité, orthophonie non intégrée à un parcours remboursé) peuvent entraîner des dépenses supplémentaires. Dans ce cas, une mutuelle prévoyant des forfaits annuels pour les professions paramédicales non prises en charge par la Sécurité sociale vous offrira une marge de manœuvre bienvenue pour multiplier les approches non médicamenteuses.

Structures d’accueil adaptées : restes à charge en EHPAD et UHR

Avec la progression de la maladie d’Alzheimer, le maintien à domicile atteint parfois ses limites, notamment en cas de troubles du comportement sévères ou de dépendance totale. Le recours à un établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) ou à une unité spécialisée devient alors nécessaire. Or, même lorsque l’Assurance Maladie prend en charge la partie soins, le coût de l’hébergement et de la dépendance reste largement à la charge du résident et de sa famille. Votre couverture santé et vos dispositifs de prévoyance peuvent, dans une certaine mesure, aider à contenir ces dépenses.

Unités d’hébergement renforcées (UHR) et tarification spécifique

Les Unités d’Hébergement Renforcées (UHR) sont des unités spécialisées au sein de certains EHPAD ou unités de soins de longue durée, dédiées aux personnes présentant des troubles sévères du comportement liés à une maladie neurodégénérative. Elles offrent un environnement sécurisé, un encadrement soignant renforcé et des activités thérapeutiques adaptées. Cette spécialisation se traduit généralement par une tarification supérieure à celle d’un EHPAD classique, avec un supplément journalier qui vient s’ajouter au tarif hébergement et au tarif dépendance.

La part soins est financée par l’Assurance Maladie, mais le reste à charge pour la dépendance et l’hébergement peut dépasser 3 500 € par mois dans certains établissements privés. Votre mutuelle santé, en tant que telle, couvre peu ou pas ces coûts, car ils relèvent davantage de la dépendance que du risque maladie. En revanche, une assurance dépendance ou un contrat de prévoyance peut verser une rente mensuelle ou un capital permettant de financer une partie de ce surcoût. Lors de la souscription, il est judicieux de vérifier si les garanties intègrent explicitement les séjours en UHR et les pathologies de type Alzheimer.

Accueil de jour thérapeutique et plateformes de répit

L’accueil de jour propose à la personne malade de venir, une ou plusieurs journées par semaine, dans une structure spécialisée où sont organisées des activités de stimulation cognitive, motrice et sociale. Pour vous, c’est un moyen de maintenir les capacités restantes et de rompre l’isolement. Pour vos proches aidants, c’est un espace de répit qui leur permet de souffler et de vaquer à leurs propres obligations. Le coût journalier est partiellement financé par l’Assurance Maladie et les départements, mais un ticket modérateur, parfois non négligeable, reste à votre charge.

Les plateformes de répit complètent ce dispositif en proposant des groupes de parole, des entretiens psychologiques, des ateliers d’information et parfois des séjours de vacances adaptées. Ces services ne sont pas toujours intégrés dans les schémas de remboursement classiques. Une complémentaire santé qui prévoit des forfaits pour le soutien psychologique, l’accompagnement des aidants ou des services d’assistance peut contribuer à alléger ce reste à charge. N’hésitez pas à vérifier si votre contrat offre des services annexes (ligne d’écoute, aide au répit, coordination avec les structures locales) qui peuvent faire la différence au quotidien.

Hébergement temporaire pour soulagement des aidants

L’hébergement temporaire en EHPAD ou en unité spécialisée vous permet de séjourner quelques jours à quelques semaines dans un établissement, par exemple après une hospitalisation, pendant l’absence de l’aidant principal ou en période de fatigue intense de la famille. Ce dispositif est précieux pour prévenir l’épuisement des aidants et éviter les placements en urgence. Les tarifs appliqués sont proches de ceux d’un hébergement permanent, avec parfois un léger surcoût lié à la gestion des entrées et sorties fréquentes.

Les aides publiques (APA, aides départementales, parfois caisses de retraite) peuvent prendre en charge une partie de ces frais, mais un reste à charge subsiste. Certaines assurances dépendance ou contrats de prévoyance incluent une garantie hébergement temporaire qui rembourse un nombre déterminé de jours par an. Lorsque vous évaluez vos besoins, interrogez-vous : aurez-vous besoin, à terme, de solutions de répit régulières pour vos proches ? Si la réponse est oui, intégrer ce critère dans le choix de vos garanties vous évitera de devoir assumer seul des coûts ponctuels mais élevés.

Aides humaines et services à domicile : forfaits journaliers et plafonds

Le maintien à domicile des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer repose largement sur les aides humaines : auxiliaires de vie, aides-ménagères, services de portage de repas, dispositifs de téléassistance, etc. Même si certaines interventions sont partiellement soutenues par l’APA ou d’autres aides sociales, le coût cumulé peut rapidement représenter plusieurs centaines d’euros par mois. La manière dont votre mutuelle et vos dispositifs de prévoyance prennent en charge ces services est donc un élément clé de votre stratégie de couverture.

Auxiliaires de vie spécialisés et formation humanitude

Les auxiliaires de vie interviennent pour l’aide à la toilette, l’habillage, les repas, les transferts, mais aussi pour la stimulation et la présence rassurante. Lorsqu’elles sont formées spécifiquement aux troubles cognitifs, à la méthode Montessori adapté à la démence ou à la philosophie Humanitude, leur accompagnement est encore plus précieux. Ces formations supplémentaires se traduisent souvent par un tarif horaire plus élevé que celui d’une aide à domicile généraliste, surtout si vous faites appel à un prestataire privé au-delà des heures financées par l’APA.

Votre mutuelle santé peut proposer des services d’assistance incluant un nombre d’heures d’aide à domicile après hospitalisation, mais ces dispositifs restent généralement limités dans le temps. Pour une couverture plus durable, une assurance dépendance ou un contrat de prévoyance prévoyant un forfait mensuel pour l’aide humaine sera plus adapté. Vérifiez les plafonds journaliers et annuels, ainsi que les conditions de déclenchement (niveau de GIR, reconnaissance d’ALD, etc.), afin de vous assurer que l’enveloppe allouée correspond réellement à vos besoins potentiels en cas de démence évolutive.

Prestations de télésurveillance et dispositifs de géolocalisation

La maladie d’Alzheimer s’accompagne fréquemment de risques de chute et de fugue. Les systèmes de téléassistance (médaillons d’appel, capteurs de présence, détecteurs de chute) et les dispositifs de géolocalisation pour prévenir les errances dangereuses se sont largement développés ces dernières années. Pourtant, ces équipements sont encore peu remboursés par la Sécurité sociale et ne figurent souvent pas dans la liste des produits et prestations remboursables. Leur coût mensuel (abonnement) ou initial (achat de matériel) repose donc essentiellement sur vous et votre famille.

C’est là que certaines complémentaires santé ou contrats d’assurance pour seniors peuvent faire la différence, en intégrant un forfait annuel pour les dispositifs de sécurité et de prévention à domicile. Vous pouvez par exemple bénéficier d’une participation au financement d’un abonnement de téléassistance ou d’un bracelet GPS pour une personne présentant des risques de fugue. Pensez à vérifier aussi les services d’assistance 24h/24 proposés par votre assureur : certains incluent un service d’alerte et de coordination avec les secours ou les aidants désignés, ce qui vient compléter la simple prise en charge financière des équipements.

Services d’aide-ménagère et portage de repas adaptés

Au-delà des actes de soin, la vie quotidienne avec Alzheimer devient plus complexe : faire les courses, préparer des repas équilibrés, entretenir le logement ou gérer le linge peuvent devenir une véritable épreuve. Les services d’aide-ménagère et de portage de repas sont alors essentiels pour garantir une hygiène de vie correcte et éviter les risques de dénutrition, particulièrement élevés chez les personnes âgées avec troubles cognitifs. Pourtant, ces prestations relèvent du champ social, et non médical, et sont donc très peu prises en charge par l’Assurance Maladie.

L’APA et certaines caisses de retraite peuvent financer une partie de ces interventions, mais souvent dans des limites horaires ou budgétaires. Une complémentaire santé dédiée aux seniors peut proposer des forfaits pour le portage de repas ou l’aide-ménagère, notamment après une hospitalisation ou en cas de perte d’autonomie avérée. En analysant les plafonds et les conditions d’accès, vous éviterez de mauvaises surprises. Que se passerait-il, par exemple, si vous aviez besoin d’un portage de repas quotidien sur le long terme ? Mieux vaut le prévoir dès aujourd’hui dans votre stratégie de couverture.

Garanties complémentaires essentielles face à l’ALD 15

La reconnaissance de la maladie d’Alzheimer comme ALD 15 offre un socle de prise en charge solide pour les soins médicaux en lien direct avec la pathologie. Cependant, ce dispositif ne couvre ni les dépassements d’honoraires, ni la plupart des frais liés à la dépendance, à l’hébergement ou aux services d’accompagnement. Les garanties complémentaires de votre mutuelle santé et de vos contrats de prévoyance jouent donc un rôle décisif pour lisser les coûts au fil des années et protéger votre patrimoine.

Couverture des dépassements en secteur 2 et cliniques privées spécialisées

De nombreux spécialistes impliqués dans la prise en charge de la maladie d’Alzheimer exercent en secteur 2 à honoraires libres, en particulier dans les grandes métropoles et dans certaines cliniques privées spécialisées. Si vous souhaitez bénéficier d’un suivi dans ces structures (accès plus rapide, plateau technique complet, équipes pluriprofessionnelles), vous serez souvent confronté à des dépassements d’honoraires significatifs. Sans mutuelle, ceux-ci restent intégralement à votre charge, même en ALD.

Pour limiter ces coûts, il est pertinent de privilégier une mutuelle proposant des remboursements exprimés en pourcentage du tarif de base (150 %, 200 %, voire plus) pour les consultations de spécialistes, l’imagerie et les actes techniques. Plus ce pourcentage est élevé, plus la part des dépassements pris en charge est importante. Lorsque vous comparez les contrats, ne vous limitez pas à la prime annuelle : examinez les tableaux de garanties poste par poste, en accordant une attention particulière aux lignes « consultations spécialistes » et « hospitalisation en clinique privée ».

Forfait hospitalier en SSR et unités cognitivo-comportementales

Les séjours en soins de suite et de réadaptation (SSR) ou en unités cognitivo-comportementales sont fréquents dans l’évolution de la maladie d’Alzheimer, que ce soit après une chute, un épisode aigu (infections, décompensation) ou pour restructurer un projet de vie. L’Assurance Maladie prend en charge les soins, mais laisse à votre charge le forfait hospitalier journalier, ainsi que les éventuels suppléments (chambre particulière, télévision, etc.). Sur plusieurs semaines d’hospitalisation, cette dépense peut devenir conséquente.

Une bonne mutuelle santé prend en charge ce forfait hospitalier, parfois sans limite de durée, ainsi que, selon les options, la chambre particulière jusqu’à un certain plafond par jour. Cette garantie est particulièrement importante si vous souhaitez être hospitalisé dans des établissements privés ou si vous accordez de l’importance au confort et à l’intimité. Pensez également à vérifier la prise en charge des transports sanitaires liés à ces séjours, souvent oubliés mais potentiellement onéreux.

Garantie dépendance et capital versé selon le niveau GIR

Au-delà de la mutuelle santé, la garantie dépendance est un outil spécifique pour faire face aux conséquences financières de la perte d’autonomie liée à Alzheimer. Souscrite avant l’apparition des premiers signes, elle prévoit le versement soit d’une rente mensuelle, soit d’un capital, déclenché lorsque votre état correspond à un certain niveau de GIR (généralement 1 à 3). Certains contrats distinguent la dépendance partielle et la dépendance totale, avec des montants de prestation différents.

L’intérêt de ces garanties est d’apporter des ressources financières régulières, indépendamment du régime obligatoire et de l’APA, que vous pouvez affecter librement : rémunération des auxiliaires de vie, financement d’un séjour en EHPAD, adaptation du logement, etc. Lorsque vous étudiez une offre, soyez attentif aux critères de déclenchement (évaluation AGGIR, examen par un médecin-conseil, délai de carence) et au niveau des prestations en cas de maladie d’Alzheimer avérée. Comme pour une assurance habitation face au risque d’incendie, mieux vaut disposer d’une couverture adaptée avant que le sinistre ne survienne.

Dispositifs d’accompagnement financier : APA et PCH démence

En complément de l’Assurance Maladie et de votre mutuelle, plusieurs dispositifs publics visent à soutenir financièrement les personnes âgées dépendantes et les personnes en situation de handicap psychique. Dans la maladie d’Alzheimer, l’Allocation Personnalisée d’Autonomie (APA) et la Prestation de Compensation du Handicap (PCH) sont les deux principaux leviers. Bien les connaître vous permet de combiner au mieux aides publiques et garanties privées pour réduire votre reste à charge.

Allocation personnalisée d’autonomie (APA) en établissement et à domicile

L’APA est versée par le département aux personnes de 60 ans et plus en situation de perte d’autonomie (GIR 1 à 4). À domicile, elle finance une partie des dépenses nécessaires au maintien à domicile : heures d’aide à domicile, portage de repas, téléassistance, accueil de jour, etc. Un plan d’aide est élaboré par une équipe médico-sociale, avec un plafond mensuel qui dépend de votre niveau de GIR. Plus la dépendance est importante, plus le plafond est élevé, mais une participation financière reste généralement à votre charge en fonction de vos revenus.

En établissement (EHPAD), l’APA vient réduire le tarif dépendance facturé par la structure, en fonction de votre GIR. Elle ne couvre pas le tarif hébergement, qui reste, sauf aide sociale à l’hébergement, à la charge du résident. Votre mutuelle n’intervient pas directement sur l’APA, mais peut proposer des services d’accompagnement pour constituer le dossier et optimiser le recours à ce dispositif. En combinant APA, garantie dépendance privée et aides éventuelles des caisses de retraite, vous pouvez significativement abaisser le coût net de la prise en charge.

Prestation de compensation du handicap (PCH) et reconnaissance handicap psychique

La Prestation de Compensation du Handicap (PCH) est destinée aux personnes en situation de handicap, quel que soit leur âge au moment de la demande (avec des règles spécifiques au-delà de 60 ans). Dans le cadre de la maladie d’Alzheimer, la reconnaissance du handicap psychique par la MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées) peut ouvrir droit à la PCH pour financer des aides humaines, des aides techniques, des aménagements du logement ou du véhicule, voire des frais spécifiques liés à la vie quotidienne.

Pour une personne jeune atteinte de démence précoce, la PCH peut constituer un complément précieux à l’ALD et à la mutuelle santé, en venant financer des besoins qui ne relèvent pas du soin stricto sensu. La procédure de demande implique un dossier détaillé et une évaluation pluridisciplinaire, ce qui peut sembler complexe lorsque les capacités cognitives sont déjà altérées. Certaines mutuelles et assurances proposent un accompagnement social pour vous aider à constituer ce dossier, voire des relais vers des associations spécialisées. En cumulant PCH, APA (dans certains cas), couverture santé renforcée et assurance dépendance, vous construisez un véritable filet de sécurité financier autour de la maladie.

Crédit d’impôt pour emploi à domicile et déductions fiscales

Enfin, le crédit d’impôt pour l’emploi d’un salarié à domicile est un levier fiscal souvent sous-estimé dans la prise en charge de la maladie d’Alzheimer. Que vous fassiez appel à une entreprise de services à la personne ou que vous employiez directement un intervenant, vous pouvez bénéficier d’un crédit d’impôt égal à 50 % des dépenses engagées, dans la limite de plafonds annuels. Sont concernés : l’aide-ménagère, l’assistance pour les actes essentiels de la vie quotidienne, le jardinage, la préparation des repas, etc.

Ce dispositif vient en complément des aides comme l’APA ou la PCH et s’applique même si vous n’êtes pas imposable, le crédit d’impôt pouvant alors être remboursé. Pour optimiser votre budget, il est important de conserver toutes les factures et attestations fournies par les organismes de services à la personne. Certaines complémentaires santé et contrats de prévoyance incluent également des services de conseil fiscal pour vous aider à déclarer correctement ces dépenses. En combinant intelligemment aides publiques, avantages fiscaux et garanties privées, vous pouvez transformer une addition potentiellement écrasante en un budget mieux maîtrisé sur la durée.