
Quand Martine m’a appelé en larmes depuis Rennes, sa première phrase a été : « Je ne sais plus par où commencer ». Son père de 83 ans vivait seul à Lamballe depuis le décès de sa mère, et elle faisait une heure de route chaque week-end pour l’aider. Le Côtes-d’Armor compte plus de 35 établissements entre résidences autonomie et résidences services, et face à cette offre, les familles se retrouvent souvent perdues. Comment savoir si votre proche relève d’une résidence senior ou d’un EHPAD ? Combien ça coûte vraiment, une fois tous les frais additionnés ? Et surtout, quelles aides financières peuvent réduire la facture ? Je vous explique tout ce que les brochures commerciales passent sous silence.
Information importante
Ce contenu est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil personnalisé. Les tarifs et aides mentionnés sont indicatifs et peuvent varier selon votre situation. Contactez le CCAS de votre commune ou un assistant social pour un accompagnement adapté.
L’essentiel pour choisir une résidence en Côtes-d’Armor
- Les résidences seniors s’adressent aux personnes autonomes (GIR 5-6), l’EHPAD devient nécessaire à partir du GIR 1-2
- Budget mensuel : comptez entre 1 500 € et 3 000 € tout compris selon les services
- L’APA peut atteindre 2 045 €/mois pour les GIR 1, mais n’est versée qu’aux GIR 1 à 4
- Le département compte 22 résidences autonomie et 15 résidences services
- Prévoyez 3 mois minimum entre la première visite et l’emménagement effectif
Résidence senior, EHPAD ou maintien à domicile : quelle solution pour votre proche ?
La question revient dans presque tous les dossiers que j’accompagne : « Est-ce qu’une résidence senior suffira pour mon père ? ». Soyons clairs : la réponse dépend entièrement du niveau d’autonomie de votre proche, évalué par une échelle qu’on appelle le GIR. Cette grille va de 1 (dépendance totale) à 6 (autonomie complète). Et croyez-moi, se tromper de structure au départ coûte cher — en argent, en énergie, et en culpabilité.

J’ai accompagné Mme Jégou, infirmière retraitée de Lannion, dans sa recherche pour sa mère de 84 ans. Elle avait visité trois résidences sans grille d’évaluation, et chaque visite lui laissait des impressions contradictoires. Son frère à Paris avait un avis différent du sien. Résultat : quatre mois de blocage familial avant de trouver un consensus. Ce genre de situation, je la vois régulièrement. La première étape, c’est de clarifier les critères de choix d’une résidence senior avant même de décrocher le téléphone.
GIR 5-6 : le profil idéal pour une résidence senior
Votre proche se lève seul, prépare ses repas, gère ses médicaments sans surveillance ? C’est un profil GIR 5 ou 6. Les résidences seniors sont pensées pour ces personnes : un appartement privatif adapté, des espaces communs pour rompre l’isolement, un restaurant sur place, parfois une piscine ou une salle de sport. Selon le portail officiel pour les personnes âgées, le département compte 22 résidences autonomie destinées à ce public.
Ce qui fait la différence avec le maintien à domicile ? La sécurité 24h/24 et le lien social organisé. Sur le terrain, je constate que les veufs récents s’adaptent souvent mieux qu’on ne le craignait — à condition que la décision vienne d’eux, pas d’un ultimatum familial.
GIR 3-4 : la zone grise où tout se complique
C’est là que les choses deviennent floues. Un GIR 4 peut avoir besoin d’aide pour la toilette mais rester parfaitement lucide. Certaines résidences seniors acceptent ces profils à condition de souscrire à des services complémentaires — aide à la douche, passage d’une auxiliaire de vie. D’autres refusent catégoriquement.
Je me souviens d’un dossier traité à Ploufragan un mardi pluvieux de novembre. M. Le Goff, commerçant retraité de Guingamp, cherchait une solution pour son père de 86 ans, veuf récent. Le père refusait de quitter sa maison de Bourbriac. Trois visites annulées. Puis une chute sans gravité a tout débloqué. L’emménagement s’est bien passé, mais le reste à charge était plus élevé que prévu : l’APL avait été refusée à cause d’un patrimoine trop important. Moralité : faites la simulation APL avant de signer quoi que ce soit.
Selon la fiche pratique Service-Public sur l’APA, seules les personnes classées en GIR 1, 2, 3 ou 4 peuvent obtenir cette allocation. Le GIR 5-6 n’y a pas droit. Ce détail change tout dans le calcul du budget.
GIR 1-2 : pourquoi l’EHPAD devient incontournable
Quand votre proche ne peut plus se lever seul, a besoin d’une surveillance médicale constante ou présente des troubles cognitifs avancés, la résidence senior n’est plus adaptée. Ce n’est pas une question de budget, c’est une question de sécurité. Les résidences seniors ne disposent pas de personnel soignant en permanence.
Franchement, je préfère annoncer cette réalité dès le premier rendez-vous plutôt que de voir une famille s’épuiser à chercher une solution qui n’existe pas. L’EHPAD n’est pas un échec — c’est la réponse appropriée à un niveau de dépendance élevé.
Résidence senior ou EHPAD : le bon choix selon votre situation
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Votre proche est autonome (GIR 5-6) :
Résidence senior adaptée — appartement indépendant avec services à la carte.
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Votre proche a besoin d’aide quotidienne (GIR 3-4) :
Évaluer une résidence avec services renforcés ou envisager l’EHPAD selon l’évolution.
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Votre proche est très dépendant (GIR 1-2) :
EHPAD médicalisé — présence soignante 24h/24 indispensable.
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Budget inférieur à 1 500 €/mois :
Explorer le maintien à domicile avec aides (APA, services à domicile) avant toute autre option.
Les 5 critères qui font vraiment la différence lors des visites
Les brochures promettent toutes la même chose : cadre agréable, personnel souriant, animations variées. Sauf que sur le terrain, la réalité varie énormément d’un établissement à l’autre. Après avoir accompagné des dizaines de familles dans le département, j’ai identifié les cinq points qui distinguent une bonne résidence d’une usine à seniors.

Ce que les familles ignorent souvent, c’est qu’il faut visiter au moins trois résidences pour avoir un point de comparaison valable. Et pas un dimanche après-midi quand tout est calme — plutôt un mardi vers 11h30, juste avant le déjeuner, quand vous pouvez observer l’ambiance réelle.
10 questions à poser lors de votre visite
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Quel est le tarif tout compris (loyer + charges + restauration + ménage) ?
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Quels services sont facturés en supplément et à quel prix ?
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L’établissement est-il conventionné APL ?
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Quel est le délai moyen d’admission et y a-t-il une liste d’attente ?
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Comment se passe la transition si le niveau d’autonomie se dégrade ?
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Les animaux de compagnie sont-ils acceptés et sous quelles conditions ?
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Quelle est la fréquence et la nature des animations proposées ?
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Y a-t-il une permanence ou une astreinte de nuit ?
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Peut-on rencontrer des résidents actuels ou leurs familles ?
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Quelles sont les conditions de résiliation du contrat ?
Mon conseil après des années à observer les établissements du coin : méfiez-vous des résidences où personne ne peut vous donner le tarif global au premier rendez-vous. Si on vous dit « ça dépend », demandez une simulation écrite. Cette liste n’est pas exhaustive, mais elle couvre les points qui génèrent le plus de conflits après l’emménagement.
Panorama des résidences seniors en Côtes-d’Armor : où chercher selon votre secteur
Le département se découpe en plusieurs bassins de vie, et l’offre n’est pas répartie uniformément. Si vous cherchez autour de Saint-Brieuc, vous aurez le choix — c’est la préfecture, les établissements s’y concentrent. Sur la côte de Granit Rose vers Perros-Guirec ou Lannion, l’offre existe mais les tarifs grimpent avec la vue mer. À l’intérieur des terres, vers Guingamp ou Loudéac, les places sont plus rares mais souvent moins chères.

Selon le recensement officiel, le département compte 22 résidences autonomie et 15 résidences services. La différence ? Les résidences autonomie (anciens foyers-logements) sont souvent gérées par des collectivités, avec des tarifs plus accessibles. Les résidences services sont généralement privées, avec davantage de prestations hôtelières.
Bon à savoir : Les délais d’admission varient fortement selon les secteurs. Sur Saint-Brieuc centre, j’ai vu des listes d’attente de 6 mois. À Ploufragan ou vers Dinan, c’est souvent plus rapide. Renseignez-vous sur les délais dès le premier contact.
Pour avoir une vision complète de l’offre locale, vous pouvez consulter les établissements présents sur Domitys.fr qui propose plusieurs résidences dans le département, notamment à Saint-Brieuc, Perros-Guirec, Dinan et Ploufragan. D’autres opérateurs comme Les Senioriales ou Cogedim Club sont également implantés localement.
Ce qui me frappe souvent : les familles sous-estiment l’importance de la proximité. Votre père à Lamballe, vous à Rennes — une résidence à mi-chemin vers Saint-Brieuc peut sembler logique. Mais réfléchissez aussi à la proximité de ses anciens voisins, de son médecin traitant, de ses habitudes. Un senior déraciné de son environnement social décline plus vite.
Budget réel et aides financières : ce que personne ne vous dit
Parlons chiffres. Dans mon accompagnement de familles en Bretagne, je constate régulièrement que le tarif affiché ne reflète pas le coût réel. Une famille que j’ai aidée à Ploufragan pensait payer 1 800 €/mois ; la facture réelle atteignait 2 150 € avec la restauration, le ménage hebdomadaire et les animations. Soit 350 € de surprise mensuelle.
1 500 à 3 000 €/mois
Fourchette de budget mensuel tout compris en Côtes-d’Armor
Cette fourchette dépend de la surface de l’appartement, de la localisation (côte vs intérieur) et du niveau de services inclus. Les résidences autonomie publiques démarrent autour de 1 200-1 500 €. Les résidences services privées avec piscine et conciergerie peuvent dépasser 2 800 €.
Les frais souvent oubliés dans le budget
La restauration (comptez 300 à 500 €/mois pour pension complète), le ménage hebdomadaire (80 à 150 €), les animations payantes, le parking, et parfois la téléassistance facturée en sus. Demandez systématiquement le détail poste par poste avant de signer.
Côté aides, les choses se compliquent. L’APA (Allocation Personnalisée d’Autonomie) peut atteindre 2 045,56 € par mois pour un GIR 1 selon les montants APA 2025 actualisés. Mais attention : l’APA ne concerne que les GIR 1 à 4. Si votre proche est en GIR 5 ou 6 — donc autonome — il n’y a pas droit.
L’APL peut réduire significativement le loyer, mais uniquement si la résidence est conventionnée. Ce n’est pas toujours le cas des établissements privés. Quant à l’ASH (Aide Sociale à l’Hébergement), elle existe mais avec un piège : elle est récupérable sur la succession. Autrement dit, vos héritiers rembourseront après le décès.
Mon avis, après des années à accompagner des familles : commencez par l’APA car c’est la seule qui ne demande pas de remboursement sur succession. Pour en savoir plus sur les dispositifs cumulables, consultez ce guide sur les aides financières pour les seniors.
La réduction d’impôt de 25% sur les frais de dépendance et d’hébergement existe aussi, plafonnée à 10 000 € de dépenses par an. Concrètement, si vous payez 24 000 €/an de résidence, vous récupérez 2 500 € d’impôt. Ce n’est pas négligeable, mais ça ne compense pas un reste à charge de 1 500 €/mois.
Vos questions sur le choix d’une résidence senior dans le 22
Quelle différence entre résidence senior et EHPAD ?
La résidence senior accueille des personnes autonomes (GIR 5-6) dans des appartements indépendants avec services à la carte. L’EHPAD est un établissement médicalisé pour les personnes dépendantes (GIR 1 à 4) nécessitant une surveillance soignante permanente. Les tarifs et le fonctionnement sont complètement différents.
Peut-on bénéficier de l’APA en résidence senior ?
Oui, mais uniquement si votre proche est évalué en GIR 1, 2, 3 ou 4. Les personnes classées GIR 5 ou 6 — donc autonomes — ne peuvent pas obtenir l’APA. C’est souvent une mauvaise surprise pour les familles qui découvrent cette condition après avoir choisi l’établissement.
Combien coûte une résidence senior en Côtes-d’Armor par mois ?
Comptez entre 1 500 € et 3 000 € tout compris selon la localisation et les services. Les résidences sur la côte (Perros-Guirec, Lannion) sont généralement plus chères que celles de l’intérieur. Attention : le tarif affiché n’inclut pas toujours la restauration et le ménage.
Quels documents fournir pour un dossier d’admission ?
Généralement : pièce d’identité, justificatif de domicile, avis d’imposition, attestation de droits à l’assurance maladie, certificat médical récent. Certaines résidences demandent aussi un questionnaire médical rempli par le médecin traitant pour évaluer le niveau d’autonomie.
Mon père peut-il garder son animal en résidence senior ?
Ça dépend des établissements. Certains acceptent les chats et petits chiens, d’autres refusent catégoriquement. C’est un critère à vérifier dès le premier contact si l’animal compte pour votre proche. J’ai vu des familles découvrir cette interdiction après avoir signé — évitez cette erreur.
Et maintenant ?
Plutôt que de conclure, posez-vous cette question : avez-vous réellement évalué le niveau d’autonomie de votre proche avec la grille GIR avant de commencer vos recherches ? Si ce n’est pas fait, demandez une évaluation au CCAS de sa commune ou au Point Info Seniors du département.
Sur les dossiers que j’ai suivis en 2024, comptez en moyenne trois mois entre la première visite et l’emménagement effectif. Ce délai peut doubler pour les résidences très demandées comme Saint-Brieuc centre. Mieux vaut anticiper que subir une hospitalisation qui force la décision dans l’urgence.
Précisions sur les tarifs et aides 2025
- Les tarifs indiqués sont des moyennes constatées en Côtes-d’Armor et peuvent varier selon les établissements
- Les conditions d’attribution des aides (APA, ASH, APL) dépendent de votre situation personnelle et des ressources du foyer
- Les délais d’admission varient selon la demande et la disponibilité des places
Pour un accompagnement personnalisé, contactez le CCAS de votre commune ou le Point Info Seniors du département des Côtes-d’Armor.